En attendant la suite de l'excellent Control je viens de boucler Quantum Break, l'un des jeux les plus méconnus de Remedy Entertainment et condamné pour l'instant à rester hors de leur univers partagé pour de sombres raisons de droits d'auteurs (comme c'est le cas pour la saga Max Payne). On quitte l'horreur surréaliste caractéristique du studio pour une histoire d'action/science fiction que n'aurait pas renié Hollywood. On y incarne Jack Joyce, embarqué malgré lui dans une histoire de voyages temporels en voulant rendre service à son vieil ami Paul, devenu une sorte de gourou de la tech en travaillant avec Will Joyce, le frère de Jack. Lorsque Paul met en marche la machine temporelle de Will, un fracture se créée dans le continuum espace-temps, donnant des superpouvoirs temporels à Jack... qui va devoir très vite les mettre à profit car l'entreprise finançant la machine viens de lancer des forces spéciales aux trousses des frangins.
Comme souvent chez Remedy, le scénario du jeu est très bien écrit, porté par des personnages charismatiques et un univers et des concepts de SF plutôt solide. Ca parle en vrac de paradoxes et de boucles temporels, du rôle destructeur joué par des mégacorporations toujours plus avides de profits et de libre arbitre et de destinée. Et cerise sur le gâteau, à chaque fin de chapitre du jeu on a droit à un épisode d'une vingtaine de minutes d'une série live action connectée aux événements du jeu (avec des passages et des détails variant selon les choix du joueur). Ces épisodes permettent à Quantum Break de creuser son univers et de devenir une sorte d'expérience hybride entre série télé et jeu vidéo plutôt bien fichue. Quantum Break s'offre par conséquent un casting tout à fait hollywoodien, avec Shawn Ashmore (vu notamment dans les X-Men et dans The Rookie), Aidan Gillen (Game of Thrones, The Wire...), Dominic Monaghan (Le Seigneur des Anneaux, Lost...), le regretté Lance Reddick (The Wire, John Wick...) et Courtney Hope, qui incarnera l'héroïne de Control 3 ans plus tard.
Mais si l'histoire et l'univers du jeu sont captivants, Quantum Break n'est pas exempt de défauts. Les phases d'action sont un brin génériques et ressemblent à tous les TPS sortis dans les années 2010 et la gestion des collisions entre le personnage et les décors est parfois à la ramasse, ce qui est source de pas mal de frustrations (surtout sur la fin du jeu et sur ce boss final un brin raté). Mais le gameplay n'est pas complètement raté, le jeu reste dynamique et globalement fun et on peut déjà voir dans le mélange entre flingues et superpouvoirs des prémices d'idées qui seront réexploitées avec beaucoup plus de succès dans Control.
Bref, Quantum Break c'était un jeu plutôt cool même si largement perfectible et qui aurait mérité un d'être pleinement connecté à l'univers des jeux Remedy au lieu de moisir dans les limbes des conflits de droits avec Microsoft...

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