En ces temps de canicule lyonnaise, nous nous sommes réfugiés dans un cinéma hier soir, pour finalement nous retrouver plongés dans un dédale de pièces jaunâtres assemblées sans logique ni sens. Après des années d'attente et pratiquement 2 mois après les américains, j'ai enfin pu découvrir le film Backrooms par Kane Parsons, le surdoué responsable de la série de courts métrages du même nom sur Youtube. Etant très fan de la production internet du bonhomme et du concept des Backrooms et d'horreur liminale, j'attendais beaucoup ce film, surtout que le studio A24 semblait avoir laissé carte blanche à Parsons. Et le film était largement à la hauteur de mes attentes.
Le film s'ouvre sur une vidéo filmée au caméscope montrant un type dans une combinaison hazmat jaune, errant dans un espace vide et incohérent ressemblant à des vieux open space aux papier peint et à la moquette jaunâtre. Il tente de retrouver son chemin, d'appeler à l'aide puis est rattrapé par... quelque chose. Bref, une introduction qui aurait carrément pu être un court métrage de la chaîne Youtube du réalisateur. Le film passe alors à Carl, un architecte raté, récemment divorcé gérant un magasin de meubles au concept étrange dans une zone commerciale en déclin. Carl est également suivi par sa thérapeute Mary pour ses problèmes de colère et sa tendance à repousser tout le monde autour de lui. Une nuit, alors que Carl regarde la télé dans son magasin, il est attiré par un problème électrique dans son sous-sol. Là il découvre un passage dans un mur, l'emmenant dans le même étrange espace liminaire déjà vu dans l'introduction. Il décide alors de partir l'explorer...
Il n'y a pas grand-chose à jeter dans ce film : la tension nerveuse ne faiblit jamais et continue de monter crescendo tout le long du film, l'histoire reste intriguante d'un bout à l'autre et conserve suffisamment de mystère et d'inconnu pour ne pas ruiner son aura, les quelques acteurs sont très bons, le travail sur le son et la musique est magistral et les décors sont aussi dérangeants que magnifiques. On sent une véritable obsession de Kane Parsons pour les zones commerciales et les immeubles de bureaux vides, et son talent pour transformer un simple hall avec une moquette et du papier peint délavé en vision inquiétante et presque irréelle est manifeste. Backrooms n'est d'ailleurs pas seulement un film d'horreur : il vire de temps à autre au drame psychologique et à au film expérimental ou à l'hommage à David Lynch sans jamais se perdre en chemin.
A mes yeux ce film donc est une franche réussite, peut-être même le meilleur film d'horreur de l'année (et pourtant y'avait déjà du niveau avec The Bride! et 28 Years Later: The Bone Temple). Si vous aimez les espaces liminaux, le surréalisme et l'horreur, foncez voir Backrooms en salles !
Et si vous voulez aller plus loin sur la mythologie du film je vous invite fortement à vous pencher sur les courts métrages hallucinés de Kane Parsons sur Youtube (KanePixels), ou sur ces deux épisodes de la série Findings de Feldup :
Et si l'histoire des Backrooms sur Internet vous intrigue, le même Feldup a justement décrypté le phénomène dans deux autres épisodes :
- Episode 80 - Exploration des Backrooms (qui se concentre sur le concept tel qu'il était avant que Kane Parsons ne s'en empare)
- Episode 107 - La Mort des Backrooms
Vu le succès du film aux Etats-Unis, un second film a déjà été annoncé par A24, toujours avec Kane Parsons aux commandes et prévu pour 2030 et j'ai déjà hâte !

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