Fallout 76

Après avoir passé plus de 140 heures sur le 4ième volet, j'ai profité d'un regain de hype à l'occasion de la saison 2 de la série et d'une promotion pour revenir à la saga Fallout en testant le seul jeu multijoueur de la série : le mal aimé Fallout 76. Et ben j'aurais probablement dû m'abstenir...

L'histoire est laconique au possible et sert surtout de prétexte à un gros bac à sable. Vingt-cinq ans après la Grande Guerre, l'Abri 76 de Vault Tec ouvre ses portes pour remplir sa mission : reconstruire le pays. Vous incarnez l'un des habitants de cet abri, censé être peuplé des gens les plus brillants du pays. Mais vous êtes manifestement trop bête pour programmer un réveil et le jour de l'ouverture, vous faite une grasse mat après avoir trop picolé et vous vous retrouvez seul dans l'abri. Alors vous prenez votre sac à dos et hop, direction l'extérieur, à la recherche de votre Superviseur, qui a manifestement abandonné le plan d'origine et son campement pour aller se balader dans la région. Pourquoi ? Parce que...

Bref, rien à voir avec l'introduction en forme petites scènes de votre vie enfermé de Fallout 3, la course poursuite apocalyptique de Fallout 4 ou l'exécution ratée de New Vegas, les débuts de Fallout 76 font le service minimum. Et une fois dehors, les choses se gâtent encore : le jeu saccade sur ma config pourtant 8 ans plus jeune que lui (alors que le 4 tournait sans problème), les décors sont génériques au possible, le gameplay déploie une rigidité digne d'un autre temps, les animations des PNJ sont ratées et le système de jeu n'a pratiquement plus rien d'un jeu de rôles, avec ses compétences tirées au hasard dans des boosters de cartes à collectionner. Et tout ça c'est sans compter sur le fait que si le jeu est trouvable à une poignée d'euros, ça n'empêchera pas la boutique en ligne de tenter de vous ponctionner votre argent à chaque coin de menu, jusqu'à proposer de payer un pass Premium pour... pouvoir jouer en privé avec ses amis. Y'a pas de petits profits.

Tout n'est pas complètement à jeter, et il y a quelques bonnes idées ça et là : l'épidémie des Calcinés, le focus mis sur les cryptides et le folklore des Apalaches par exemple, ou encore le fait de décaler l'action dans un décor boisé et montagnard. Mais même là c'est un brin raté : le jeu rajoute tout le bestiaire des factions et des mutants de la saga au forceps parcequ'il faut absolument cocher toutes les cases de la licence, même si c'est aux dépends de la cohérence et de l'ambiance (alors que franchement un Fallout en mode horreur folklorique avec un bestiaire chelou et reserré ça aurait eu carrément de la gueule) et foire complètement sa temporalité. Le jeu est censé se dérouler 25 ans après les bombes, près de 200 ans avant Fallout 4 mais la végétation est tellement verte et les villes si reconstruites qu'on croirait presque que la timeline est inversée...

Bon, je pourrais aussi parler des innombrables bugs qui cassent l'immersion au lance grenades (PNJs qui s'effondrent tous seuls sans raison ou qui se bloquent dans les murs, constructions flottant dans le vide...) mais je vais m'arrêter là, sinon je vais finir par passer plus de temps à taper cette chronique que j'en ai passé sur le jeu. Bref, même 8 ans après sa sortie et avec des tonnes de contenu rajouté et Walton Goggins en guest star, Fallout 76 reste une sortie de route assez spectaculaire dans l'histoire de cette licence.

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