Petit retour sur notre découverte de ces derniers jours : l'adaptation de Frostpunk en jeu de plateau, récupéré en déstockage à très vil prix à Octogônes cette année. Dans ce jeu coopératif de survie et de gestion, les joueurs incarnent les dirigeants de l'une des dernières cités survivantes de l'humanité, dans un monde post-apocalyptique steampunk où la fin du où la neige et le froid polaire sont une menace de chaque instant. Pour survivre, il va falloir déneiger, reconstruire, voter de nouvelles lois, maintenir l'espoir de la population, découvrir de nouvelles technologies et partir explorer le monde au-delà des limites du cratère de la cité. Et surtout il va falloir alimenter la génératrice à vapeur pour chauffer la population, sans quoi la maladie et la mort s'abattront sur la ville.
Edité par 11 bit studios, déjà responsable de l'excellente adaptation de This War of Mine, Frostpunk est un jeu tout aussi punitif et noir que son prédécesseur. Mais là où This War of Mine se concentre sur une poignée de survivants et sur leurs histoires personnelles, Frostpunk garde cette dimension narrative mais prend un peu de hauteur et raconte la survie et les bouleversements d'une société au bord de l'extinction. Ici les défis moraux ne sont plus individuels mais collectifs : Autoriser le travail des enfants ? Ajouter de la sciure dans les rations pour lutter contre la faim ? Créer des arènes de combat pour divertir le peuple ? Lancer une nouvelle religion ? Tout est possible mais il va falloir assumer les conséquences de ses décisions, principalement sous la forme de nouvelles cartes d'événements ajoutées lors de chaque choix significatif. L'histoire de la ville va ainsi se dessiner entre le scénario choisi en début de partie et les conséquences des actions des joueurs.
En termes de gameplay, Frostpunk est un gros jeu de placement d'ouvriers dans la pure tradition d'Agricola, avec une surcouche de survie et de narration. On y place des meeples pour faire des actions, on jette du charbon dans la grosse tour du milieu de table en espérant que trop de cubes ne se retrouvent pas en bas (risquant une explosion de la génératrice) et on fait ce qu'on peut pour éviter l'une des nombreuses conditions de défaite du jeu (famine, mort, maladie, explosion, révolte ou désespoir de la population...). C'est très difficile, surtout dans les premières parties quand on ne sait pas trop quoi prioriser, et le moindre choix ou oubli peut avoir des conséquences dramatiques.
Niveau matériel, c'est plutôt réussi : les plateaux et tuiles sont claires, les cartes sont plutôt jolies les pions en bois de l'extension Frostlander sont magnifiques et la génératrice qui trône au milieu du plateau est impressionnante. La prise en main du jeu est un échec par contre : le livret de règles est trop désorganisé pour qu'on puisse facilement s'y retrouver sans faire 15 aller retours et les fiches d'aide de jeu pour chaque rôle sont franchement trop verbeuses pour être utilisables. Mais il lui manque surtout un guide stratégique ou un scénario de tutoriel pour transmettre quelques conseils tactique aux joueurs, pour éviter de perdre lamentablement dans les 5 premiers tours.
Bref, Frostpunk est un jeu aussi passionnant qu'injuste que je recommande si vous cherchez un jeu narratif et coopératif ou que vous voulez injecter de la gestion de cité dans votre This War of Mine. Et faut avouer qu'en ces temps de canicule, c'est plutôt agréable de parler d'ère glaciaire et de froid polaire pendant 2-3 heures de jeu 😅

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